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Petite(s) histoire(s) de la pipe : Mais qui a taillé la première pipe en bruyère ? Partie 2

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Message par Chris W le Lun 14 Jan 2019 - 15:29

                 
                  En 1975, paraît un ouvrage collectif, l’Encyclopédie du tabac et des fumeurs
                On y retrouve  l’hypothèse Jules Ligier et l’hypothèse Regad et Buat. On y retrouve également dans un autre article l’hypothèse corse : 
               «… Depuis le jour où un pipier français, venu se recueillir dans la ville natale de Napoléon, ayant brisé sa pipe en écume, demanda à un paysan corse de la copier dans une racine de bruyère arrachée au maquis, la très grande majorité des pipes fumées aujourd’hui à travers le monde sont faites dans cet unique matériau …».
              En 1984 un pipier, Gilbert Guyot, écrit un ouvrage intitulé « Le  Pipier de Paris ». Il y aborde bien sûr la découverte de la bruyère.
          Il reprend l’hypothèse Jules Ligier (Taffanel), et en introduit une autre qui voudrait que des morceaux de bruyère aient été mélangés par hasard à des morceaux de buis envoyés à Saint-Claude pour y être tournés :
   « …Vers 1854, la bruyère est découverte fortuitement : l’histoire raconte qu’un dénommé Taffanel, pourvoyeur de souches de buis et exerçant à la foire de Beaucaire (première et plus ancienne des foires de France et de Navarre) vint prendre commande de broussins. Puis il sortit de sa poche une sorte de brûlot, le grand côté percé en éteignoir, l’autre évidé avec un perçoir et muni d’une embouchure en bambou. C’était selon lui la pipe d’un berger pyrénéen utilisée depuis un moment sans qu’elle soit brûlée.
    Une autre version communément admise dans le  métier veut que Saint-Claude, qui reçoit le buis méditerranéen, découvre en l’exploitant des morceaux de bois de couleur rose et d’une dureté remarquable. La différence était flagrante et, information prise, il s’agissait là de bruyère. Nul n’ose avancer qui détient l’exacte vérité, mais toujours est-il qu’à cette époque on découvrait une variété de bois jamais encore exploitée qui offrait de grandes ressources avec des souches énormes, vieilles et à point, permettant des débits inespérés mais devenus introuvables de nos jours… ».
            Toujours en 1984, un célèbre collectionneur de pipes américain, Richard C. Hacker fait paraître un livre intitulé « The Ultimate Pipe Book ». Il s’y montre plutôt anecdotique que précis :
« …Ce sont les français qui peuvent, selon toute vraisemblance, revendiquer l’apport de la pipe en bruyère. Depuis des années, dans le petit village enclavé de St Claude, les pipiers pratiquaient leur commerce et dès 1800 expérimentaient l’usage  de pipes en hêtre ou en buis. La plupart de ces pipes finement ouvragées avaient été faites pour des notabilités françaises, y compris l’élite des officiers de l’armée de Napoléon, un fait ironique, en ce que l’empereur lui-même n’approuvait pas l’usage de la pipe, un préjugé qui venait d’une soirée alcoolisée dont le summum fut un Napoléon suffocant comme dans une crise allergique.  Peut-être inspiré par cela, le général prussien Gebhard Von Blücher persistait à garder sa pipe en l’air lorsqu’il menait ses troupes à la bataille, y compris à Waterloo.
Quoi qu’il en soit, c’est autour de 1850 qu’un pipier nommé François Comoy (qui, en 1825, avait ouvert la première manufacture de pipes à plein-temps à St Claude, commença à tailler des pipes tirées de la bruyère française (qui par conséquent fut appelée « brier », et finalement « briar » Ndlr : en anglais).
               En 1991 Gilbert Guyot revient avec un ouvrage beaucoup plus complet : « Les Pipiers Français ».
           Beaucoup plus complet, car visiblement il a lu le témoignage de Jules Ligier cité par A.P.Bastien, puisqu’il en cite d’autres éléments dans son livre. Puis il complète l’hypothèse Regad et Buat  déjà citée par A.P. Bastien :
        "…L’année citée par Jules Ligier, 1857, nous amène justement à l’époque de l’introduction de la bruyère dans l’industrie de la pipe Saint-Claudienne.
         L’histoire raconte qu’un dénommé Taffanel, pourvoyeur de souches de buis  et exerçant à la foire de Beaucaire (première et plus ancienne des foires de France et de Navarre) vint prendre commande de broussins. Puis il sortit de sa poche une sorte de brûlot, le grand côté percé en éteignoir, l’autre évidé avec un perçoir et muni d’une embouchure en bambou. C’était selon lui la pipe d’un berger pyrénéen utilisée depuis un moment sans qu’elle soit brûlée. Une autre version communément admise dans le  métier veut que Saint-Claude, qui reçoit le buis méditerranéen, découvre en l’exploitant des morceaux de bois de couleur rose et d’une dureté remarquable. La différence était flagrante et, information prise, il s’agissait là de bruyère. Nul n’ose avancer qui détient l’exacte vérité, mais toujours est-il qu’à cette époque on découvrait une variété de bois jamais encore exploitée qui offrait de grandes ressources avec des souches énormes, vieilles et à point, permettant des débits inespérés mais devenus introuvables de nos jours.
      Jules Ligier raconte encore comme témoin du lancement de la pipe en bruyère.
      ...C’était dans les premiers jours d’octobre 1858 …Gilbert Guyot reprend alors le témoignage de Jules Ligier cité plus haut, mais il revient également sur l’hypothèse REGAD-BUAT :
      Il faut aussi entendre Madame PACAUD -FATON, descendante des anciennes familles FATON-BUAT.
Messieurs les délégués de la Chambre Consultative des Arts et Manufactures REGAD et BUAT se rendirent en 1854 à la foire de Beaucaire. A l’auberge-hostellerie où ils prenaient leur repas, ils avisèrent sur la table un récipient dans lequel il y avait du sel. Curieux et intéressés par ce bois dur qu’ils palpaient entres leurs mains, ils eurent l’heureuse idée de demander ce récipient dont le bois s’appelait bruyère, pour essayer de le travailler, afin de remplacer le merisier trop facilement combustible. Cette idée simple et géniale implanta la bruyère dès 1855-1856 qui devait supplanter toutes les autres essences de bois connues à ce jour.
          Un peu plus loin, un autre témoignage, datant lui de 1956 est également cité par Gilbert Guyot : sous le titre « texte de Monsieur Henri Vuillard, fabricant de pipes domicilié à La Coupe, Saint-Claude (Notes manuscrites données à Monsieur Pierre GRAPPIN, alors président de la Chambre Syndicale des Fabricants de Saint-Claude à l’occasion du Centenaire de la Pipe Bruyère -1956) :
       "…On raconte que cette matière fut apportée à Saint-Claude pour la première fois par un tourneur méridional venant de la Foire du bois de Beaucaire. Un article paru dans le journal La Croix de Saint-Claude annonçait que c’est un tourneur sur bois de Chaumont près de Saint-Claude, nommé David, qui aurait rapporté à Saint-Claude, en venant de la foire du bois de Beaucaire, les premiers spécimens de la racine de bruyère, le fait est très probable, attendu que c’est au village de Chaumont que l’on a fabriqué les premières pipes en bois du pays, mon père qui fabriquait des pipes en bois vers 1860 me l’avait confirmé.
        On dit qu’il avait même façonné une pipe d’une façon certainement rudimentaire avec ce bois. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il fallut plusieurs années pour constater le façonnage de la racine de bruyère à Saint-Claude. Il faut considérer que pour être utilisable, la racine de bruyère doit subir une préparation assez longue. Tout d’abord pour extraire la souche qui se trouve au pied d’un arbuste qui a environ 10 à 20 cm de diamètre.
Pour être ouvrable, mille têtes de racine brute sont nécessaires pour obtenir environ 100 Kg de racines susceptibles d’être débitée dans une forme qui ait l’apparence d’une pipe, ce que l’on appelle l’ébauchon – un bain spécial est ensuite nécessaire pour éviter quelques éclatements très onéreux, ce que l’on appelle « la fente ».
Je ne conçois pas que l’on ait pu fabriquer des pipes en racine de bruyère avant les années 1856 ou 1857. En tout cas mon père qui était un habile tourneur habitant chez ses parents, cultivateurs aux environs de Saint-Claude, m’a raconté souvent que vers 1860 il travaillait avec un tour à pied et façonnait des pipes en bois de France : buis, cerisier, merisier, hêtre etc.. Mon père affirmait qu’il arrivait à gagner une vingtaine de francs par jour, ce gain me paraissait énorme à une époque où l’on vendait les pommes de terre deux à trois francs les cent kilos. Un veau entier ne coûtait guère plus de trente francs…
          Gilbert Guyot  ajoute enfin une dernière hypothèse, que je n'ai  trouvé nulle part ailleurs auparavant (sauf sur le site de la Maison Courrieu , et plus ou moins évoquée par Georges Herment; elle apparaîtra plus tard dans le livre de Liebaert et Maya en 1993).
         «  Il faut à toutes ces tentatives de paternité de découverte de la bruyère, retenir la thèse qui soulève toujours dans le métier bien des controverses et écouter M. René Courrieu, pipier à Cogolin dans le Var. « On trouve trace de l’existence de la maison COURRIEU dans des archives napoléoniennes. La firme débuta en 1801, fondée par mon aïeul Jean-Baptiste. Nous sommes aujourd’hui à la douzième génération. La bruyère des Maures fut exploitée tout au début. D’autres écrits donnaient acte de ce fait par lequel un arracheur de souches de Bormes-les-mimosas, M. CHIEZA, s’engagea à vendre à la maison COURRIEU Toutes les racines qu’il arracherait. Les descendants du forestier CHIEZA ont toujours attesté le fait que cet acte commercial avait été offert à la commune de Bormes-les-mimosas.  Lors d’une exposition, il fut volé. Malgré la plainte déposée par M. AUVET, arrière-neveu du bûcheron, nul n’en retrouva trace. Nous possédons également des archives (1835) sur la preuve d’exploitation de la bruyère sur l’ile du Levant. On décida alors de faire travailler les bagnards du pénitencier de l’île sur la pipe. L’extraction et le débit s’y faisaient sur place, le bouillage et le séchage des souches à Cogolin. Après le  retour de la matière dans la prison, la fabrication finale était exécutée par les détenus. Toutes ces pipes étaient commercialisées pour le compte de la maison Courrieu en plus de sa fabrication personnelle. Les transactions commerciales étaient soumises à règlementation avec le Ministère de la Justice, la Préfecture du Var, le Ministère des Armées. L’île fut en effet rachetée par l’Armée Française au début du XXe siècle. On pouvait encore voir l’ancienne cheminée, le four, et des ruines du fort voici plus de vingt ans. Classée site militaire, pratiquement tout a été rasé sur l’ile… ».
            Gilbert Guyot ajoute sagement : Point de procès donc, mais le débat reste ouvert pour savoir qui fut le premier « découvreur » de la bruyère et je me garderais bien de trancher.
                 Enfin en 1993 A. Liebaert et A Maya font paraître La Grande Histoire de la Pipe, ouvrage dans lequel ils récapitulent une bonne partie des thèses citées précédemment, en avouant une préférence pour celle apportée par Jules Ligier :
 
    … On s’en doute, « l’ inventeur » du bois idéal pour la pipe n’a pas déposé de brevet et n’a jamais été identifié de façon formelle. Le mystère de l’origine de la pipe de bruyère a donc donné lieu à plusieurs hypothèses, plus ou moins vraisemblables, et dont le seul point commun est indéniable : la découverte eut lieu en France méridionale et se développa dans la ville de Saint-Claude, au cœur du Jura ». La plus amusante de ces hypothèses est bien entendu la moins plausible : un pipier français, qui ne se consolait pas de la disparition de Napoléon, se rendit en pèlerinage en Corse l’année même de la mort de l’Empereur en 1821. Après avoir brisé sa pipe au cours d’une promenade, il rencontra un berger qui lui façonna une pipe, bien entendu à l’effigie de Napoléon, dans une souche de bruyère ; stupéfait par la qualité du bois et la saveur de la fumée, il ramena dans son Jura natal une grande quantité de souches et se mit à régaler ses contemporains fumeurs. D’autres hypothèses sont plus sérieuses, comme celle qui attribue la découverte à un certain David, tourneur sur bois de Chaumont-les-Saint-Claude, renseigné vers 1855 sur les qualités de la bruyère par un marchand rencontré à la foire de Beaucaire. Dans son très bel ouvrage, La Pipe, André Paul Bastien cite la thèse d’un négociant de l’époque, Jules Ligier, dont la précision nous incite à la préférer aux autres : 
              « …C’était dans les premiers …[ils reproduisent le témoignage  de Jules Ligier tel que cité par A.P.Bastien].
             Et ils citent encore l’hypothèse Courrieu :
      « …Citons encore la thèse qui octroie à l’ancêtre d’un pipier de Cogolin, dans le Var, l’origine de la production en nombre des premières pipes de bruyère : Ulysse Courrieu, agriculteur, aurait dès 1802 fabriqué quelques unes de ces pipes miraculeuses, après y avoir été initié par un berger des environs. Sa réputation franchit rapidement les limites du canton, incitant l’agriculteur à se convertir en pipier… ».

             Enfin une autre version, attribuerait la découverte de la bruyère  à un très grand  nom de la pipe  : Comoy
             Notre Passeur a eu la gentillesse de me confier un document qu’il avait rédigé en son temps pour Chacom, en me laissant tout loisir pour l’incorporer tout ou partie à cette recherche.

           Effectivement,  il a trouvé une autre version que je n’avais rencontrée nulle part, et je l’ai ajoutée à toutes celles déjà répertoriées dans ce post.

             La version évoquée dans le document de Gervais provient, si j'ai bien compris  (Gervais, tu me corriges si je me trompe Very Happy ) d’un document extrait de la revue The Tobacco Leaf de 1952, qui se présentait comme la publication officielle des marchands de Tabac des Etats-Unis « Organ of the Tobacco Trade of The United States)   En voici une photo datant de 1881. La publication était au départ hebdomadaire. L’article que nous a présenté Gervais (ou plutôt une traduction, se réfère à la publication du 22 novembre 1952. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé cette revue. Il semblerait qu’elle ait disparu sans laisser de traces (si quelqu'un a des infos, là aussi, je suis preneur). 


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          Et cette version aurait été confirmée par Antoine Grenard (Gervais, là encore, n’hésites pas à compléter Very Happy ).
      Mais je laisse plutôt la parole à notre Passeur qui va nous raconter l’histoire de la famille Comoy, François, puis son fils Louis, puis son petit-fils Henri qui lancera vraiment à la fois les Comoy’s et les Chacom.
 Place à un  nouveau candidat à la découverte de la bruyère, François Comoy : 
     " ...Bien avant que leur nom ne soit gravé sur un morceau de bois, à cette époque lointaine où les bouffardes de nos ancêtres étaient sculptées dans le buis - on parle ici des environs de 1825 - installée à Avignon, petit village près de saint Claude, la famille Comoy œuvrait dans le domaine de la pipe. C’était, à cette lointaine époque où l’on suait glorieusement pour les grognards de Napoléon, une façon de les appuyer dans leurs efforts pour faire de la France le pays qu’elle est aujourd’hui. Dans son roman paru en 2012, Bernard Gabriel-Robez écrit qu’il s’agissait de « pipes superbement sculptées de motifs folkloriques ». 
 
         Cette affirmation semble cependant relever de la licence artistique. Il nous a effectivement été impossible d’en trouver confirmation auprès de la maison Chapuis-Comoy & Cie. Si tel est le cas, nous assure monsieur Antoine Grenard, grand patron de cette firme, nous n’en possédons aucun exemplaire ni prototype dans nos installations.
 
         En 1825, François Comoy, bûcheron en Corse ― lui qui était d'Avignon, on pourrait se demander, à l'instar de Molière «mais qu'allait-il faire dans cette galère?» ― observe avec un véritable intérêt la qualité du grain et surtout la beauté du bois de la bruyère, un arbrisseau qui pousse en abondance sur l'Île de Beauté. Les botanistes ont donné à cette plante le nom Erica arborea. Pour le commun des mortels, c'est la bruyère. On lui découvrira progressivement des qualités, mais pour l'heure, il faut songer à alimenter cette entreprise familiale.

       NB je suis moi aussi  également très perplexe quant à ce passage de François Comoy, bûcheron en Avignon-lez-Saint-Claude, dans le maquis de Corse. J'ai tendance à penser que pour un bûcheron jurassien, le voyage en Corse à l'époque (en 1825 !) devait être long et coûteux,et sûrement peu fréquent. Quelle est la raison qui aurait pu l'y amener ? Mais continuons :   
 
         Avec l'aide de ses frères et de son fils Louis, François met de côté ce buis qu'on utilise depuis des lustres pour la fabrication des pipes et cherche de nouvelles techniques, de nouveaux outils parce qu'il est clair que la bruyère n'a pas le même grain, les mêmes propriétés que le buis. Et quand on n'a pas le bon outil, il faut le fabriquer. Et non seulement ça prend le matériel nécessaire pour traiter le bois, mais aussi pour l'adoucir. Et, de fil en aiguille, un quart de siècle plus tard, le nom Comoy est reconnu à travers l'Europe et est associé à des pipes de beauté et de qualité plus qu'appréciable.
 
         Un quart de siècle après cette découverte, en 1850, bien qu’on ne sache pas encore ce qu’il adviendra de lui, sinon qu’il travaillera sans doute comme toute la famille dans le domaine de l’industrie pipière, naît Henri Comoy. Quoiqu’on ne sache encore rien de ce vagissant rejeton, sinon que comme tous les bébés, il sait faire comprendre que l’heure de la tétée est arrivée ou qu’il baigne dans ses déjections, il est né sous une bonne étoile… Il ne faut pas se méprendre au sujet de ce garnement qui pousse à vive allure. Il a, ce qu’on ne sait pas encore, une importance capitale pour la famille et pour la marque. C’est en effet lui qui associera de façon tangible le nom de sa lignée à une marque de renom et de prestige.
 
         Encore six ans s’écoulent puis une révolution majeure donne un nouveau tournant à l’industrie pipière. Le bois découvert par le père de Louis est maintenant en quelque sorte sur et entre toutes les lèvres des fumeurs européens. Avec sa dureté tout à fait comparable à celle du buis, et la beauté de son grain que le buis est très loin d’égaler, on comprend que la bruyère fait sensation. Ça a beau n’être qu’un bout de bois duquel on tire des volutes, l’un n’empêche pas l’autre et la beauté d’un bois… bref rien n’interdit d’ajouter le plaisir de l’œil à celui de la bouche. Et, en la matière, on est royalement servis avec ce nouveau bois. Qui plus est, il possède une qualité qu’aucun autre bois ne possède: il est imputrescible. Pour un objet qui doit littéralement contenir une braise, voilà un atout de premier plan. Autre particularité, ce n’est pas de l’arbre qu’on se sert mais de sa racine. Enfin, une partie de cette dernière.
 
          Le broussin qu'on utilise est, dans les faits, un réservoir d'eau dont la nature a pourvu l'arbrisseau pour lui permettre de survivre aux périodes de sécheresse. C'est ainsi qu'après avoir fait bouillir le morceau pour en extirper la sève qui rend la fumée âcre, après avoir séché le tout sur une longue période, fin prête, la bruyère retrouve ses qualités premières et absorbe l'humidité créée par la combustion du tabac. Déjà réputée pour ses articles de bois tourné, saint Claude en devient le berceau et très rapidement la capitale mondiale de la pipe. De toute façon, aucune pipe de bruyère n’est fabriquée ailleurs dans le monde. La maison Comoy devient rapidement le premier fabricant de pipes de la petite communauté perdue au cœur des montagnes du Jura. Et ce n’est que le début d’une formidable aventure qui dure encore près de deux cents ans après que la famille ait fait ses premiers pas dans cette industrie.
 
          Comme tant d’autres en pareille circonstance, appelé sous les drapeaux pour défendre la France, Henri quitte les siens pour prendre part à la guerre franco-allemande de 1870. Le voilà fait prisonnier en Suisse. Satisfaction diront les uns, consolation rétorqueront les autres, au cours de sa captivité il retrouve ses cousins Chapuis. Germe alors l’idée d’une association entre les deux familles, entre les deux noms.
 
       C’est sans doute autour de 1879, date à laquelle il émigre à Londres qu’Henri change son nom, ou plutôt qu’il l’adapte à sa nouvelle nationalité pour devenir Henry. C'est que l'Angleterre (et plus particulièrement Londres) est techniquement la capitale économique de l'Europe. Et Henri / Henry voit grand. Le voilà parti avec armes et bagages (et quelques techniciens de son usine sanclaudienne), prêt à donner encore davantage d’ampleur, d’envergure à son nom. Le vent dans les voiles, il monte, bien avant une certaine marque de renommée mondiale d’aujourd’hui, la première fabrique anglaise de pipes: H. Comoy & Co. Ltd. Ne nous méprenons pas, Henry entend être et demeurer le plus important fabricant de pipes à travers le monde. Pas de demi-mesure pour lui: rien n'est trop beau, rien n'est trop grand.
 
            Puisque la bruyère est à toute fin pratique une marque de commerce de saint Claude et que personne - pas même Henry - n’entend contester cet état de fait, l’usine de saint Claude fournit ébauchons et têtes de pipes qu’on se charge de compléter, de finaliser à Londres. L’ampleur de l’essor est fulgurante. Les pipes sortent des usines de saint Claude et de Londres par milliers à toutes les semaines…"





- Fin de la deuxième partie- 


Dernière édition par Chris W le Ven 18 Jan 2019 - 17:38, édité 1 fois
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Message par Philpipe le Lun 14 Jan 2019 - 16:02

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Message par PAT1er le Lun 14 Jan 2019 - 21:30

C'est un régal cet exposé !  chapeau3 Je vais de ce pas dévorer la suite...

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Message par Alexandre le Mar 15 Jan 2019 - 0:53

Merci Chris, je suis en pleine lecture de ces ouvrages justement ! Very Happy

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Message par Peher CdMP le Mar 15 Jan 2019 - 12:04

Bonjour les amis,

Bien que l'origine de la Bruyère pour la pipe soit encore mystérieuse vous trouverez sur le site de la Confrérie "lapipedesaintclaude.com" dans la rubrique LA PIPE quelques pages intéressantes que j'avais écrites il y a quelques années d'après archives, qui traitent de l'arrivée de la pipe à Saint-Claude, de l'utilisation de la bruyère, ainsi que quelques vidéos très explicites dont celle où l'on peut voir le dernier scieur d'ébauchons Corse en plein travail.
Amicalement 
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Message par Daymonts le Mar 15 Jan 2019 - 16:24

@Peher CdMP a écrit:, ainsi que quelques vidéos très explicites dont celle où l'on peut voir le dernier scieur d'ébauchons Corse en plein travail.
Ha oui oui, je m'souviens de ça ! Very Happy
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Message par papaalino le Mar 15 Jan 2019 - 19:37

merci Peher
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Message par Berny le Mar 15 Jan 2019 - 19:45

Merci Chris pour le partage de ces petites histoires.... Very Happy

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Message par Chris W le Mar 15 Jan 2019 - 20:25

C'est avec grand plaisir Berny  Very Happy
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Message par Le Passeur le Ven 18 Jan 2019 - 14:28

Passionnant. Je m'attaque maintenant à la troisième partie. Soit dit en passant, Selon Henri (Henry lorsqu'il passe en Angleterre), c'est lui qui fut le premier à utiliser la bruyère. Arrivé en Angleterre, il continue à se fournir à même ses installations de saint Claude.

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